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MA NAVIGATION entre GIBRALTAR-MAROC-LES CANARIES
EXTRAIT DU LIVRE DE BORD
1-
GIBRALTAR – MOHAMMEDIA : NOVEMBRE 2000
Pour une fois il n’y
a pas grand chose à dire. Elle fut fatigante d’inaction.
Comme
je n’ai pas de lecteurs de cartes marines je me suis toujours servie
de cartes traditionnelles.
Je me suis beaucoup aidée des «
instructions nautiques » à partir de Gibraltar, notamment pour les
approches et l’arrivée sur Mohammedia.
Jean-Pierre un ami était
venu m’aider.
Après le gros mauvais temps rencontré les deux
dernières semaines en Méditerranée qui m’obligea de faire une
navigation côtière en descendant l’Espagne, les bulletins météo
étaient redevenus bons, enfin, disons relativement optimistes
!
Nous étions en pleine zone anticyclonique.
12
Novembre 2000 :
Partis relativement de bonne heure pour avoir le
courant avec nous, le détroit fut traversé - pour une fois !-, de
jour, sous un ciel aussi bleu que la mer et un soleil
radieux.
Je revoyais enfin la vie en couleurs !
Juste après
le Cap Spartel, pour franchir la porte de l’océan, nous étions sous
voiles en suivant un cap Sud-Ouest que nous devions garder à peu près
jusqu’au niveau de Rabat.
Une forte houle très désagréable nous
accompagnait, assez normale après les énormes dépressions qui venaient
de se succéder dans le nord de l’Atlantique.
Nous avons
commencé par suivre la côte à 20 milles et le vent tomba
complètement.
On se traînait à 2-3 nœuds maxi !!!
Nous
n’étions plus que sous grande voile pour stabiliser Enomis, et les
doigts de pieds en éventail nous admirions de loin les premiers
paysages marocains.
On distinguait vaguement les rares voitures
passer sur ce qui semblait être l’unique petite route
côtière.
On captait les chiens aboyer.
On a croisé des
tortues… un petit oiseau est venu nous rendre visite…
A la
nuit tombante nous nous sommes éloignés des côtes à 40 milles.
Nous
avons mis le moteur pour nous aider.
Ca devenait trop pénible avec
la houle.
Et puis il fallait rester vigilants à cause des pêcheurs
et de leurs filets dérivants.
Par chance nous avions la lune
avec nous.
Elle nous éclairait comme un
réverbère.
C’est à ce moment là que nous avons pris notre
première bonite… peut-être bien 5kg !… que nous décidons de garder
pour le comité administratif d’accueil de l’arrivée.
Puis nous
avons flirté avec une madrague bien sûr… sans passer dessus, ouf
!
C’est une angoisse dans ces eaux ces filets !!!
Au
petit matin nous avons un peu rêvé avec un petit vent travers qui nous
fit arrêter le moteur et continuer sous voiles.
On filait à 6
nœuds… Hélas, en fin de matinée, fini !
Le reste de la journée et
la nuit suivante rien ! Mais RIEN !
Alors on a remis le
moteur…
A ce moment là nous avons pris un cap
Ouest-Sud-Ouest car la côte s’incurve à partir de Rabat.
Et
c’est ainsi que nous sommes arrivés à 17h devant l’entrée du port de
Mohammedia, en saluant 2 ou 3 tankers en attente de pilote, toujours
sous le soleil et désagréablement portés par l’éternelle houle qui
n’en finissait pas.
Le minaret de la Grande Mosquée de
Casablanca nous a un moment servi d’amer.
Sur beaucoup de
cartes, Mohammedia est cité comme étant Fédala (nom datant du
protectorat).
C’est le cas aussi pour d’autres ports tels que
Mazagan pour El Jadida et Mogador pour Essaouira.
Le port de
Mohammedia est protégé par une digue de près de 3km.
Des amis
locaux m’avaient avertie d’arriver à marée haute car avec mon 1m 82 de
tirant d’eau je pouvais avoir des problèmes de talonnage.
Mais le
hasard avait fait que nous arrivions au bon moment !
Le
port de pêche et le ponton plaisance occupent la partie Sud du
port.
Pour y accéder il faut dépasser l’appontement pétrolier ce
que nous avons fait.
15 Novembre 2000 :
Ce fut
une grande grande joie que celle de poser les amarres !
2-
MOHAMMEDIA – LAS PALMAS de GRAN CANARIA : 29 Mars 2001
Au
revoir le Maroc !
Deux amis étaient partis avec moi cette
fois.
J’étais comblée surtout pour les quarts !
17h30 : Nous
larguons non sans un petit pincement de cœur.
Cap 260 Sud-Ouest
:
Nous avons suivi ce cap pendant 45 milles en nous éloignant le
plus rapidement possible des côtes.
Je l’avais promis à Enomis
après les nombreux échouages constatés durant l’hiver marocain
!
Nous étions très vite à 50 milles des terres.
Et toujours
la houle avec nous bien sûr ; les eaux marocaines seraient d’une
monotonie sans elle !!!
Nous étions sous voiles et à 6
nœuds.
La météo était correcte mais à la nuit tombante la houle
s’est fait encore plus forte.
La navigation devient alors de
plus en plus désagréable.
Bonjour mal de mer
!
Tiens, je l’avais oublié celui-là !!!
J’avais pourtant
prévu : mis mes bracelets d’acupuncture aux poignets, pris ma «
Cocculine » homéopathique depuis la veille, passé mon huile de « petit
grain » sur le plexus… il ne me restait plus qu’à me jeter sur la «
Nautamine » (depuis j’ai appris que le « Mercalm » est soit-disant
plus efficace…) Ce sera pour la prochaine fois !
Et en
attendant les nausées n’attendent pas…
La nuit est
pénible.
Il y a 40 nœuds de vent et le pilote 3000 ne tiens plus
évidemment !
Il faut barrer.
On négocie les
vagues…
Le bateau surfe…
La mer se creuse de plus en plus
avec des creux de 5 mètres.
C’est sportif !!!
Et nous
barrerons ainsi non-stop pendant… 72 heures !!!
Mêmes vaguelettes
creusées et blanchâtres et même force 7-8.
Nous avons suivi un cap
228 pendant 500 milles.
Le moteur ronronna parfois pour recharger
les batteries car mon frigo pompe énormément d’énergie.
Nous
aurons utilisé Sir Perkins (4108-47 cv) en tout 52 heures en 4 jours ce
qui représente à peu près fifty-fify voile-moteur.
Le courant
canarien est faible, ½ nœud.
On ne peut pas en tenir compte en
navigation.
Le calme n’est vraiment revenu qu’en vue de l’île
d’Alegranza qui pointe au bout de l’île de Lanzarote.
Nous
sommes passés à l’Ouest de cette terre et avons longé la suivante,
c’est-à-dire l’île de Fuerteventura, à 15 milles, à la voile et au
portant.
2 Avril 2001 :
Las Palmas est en vue sous
le soleil.
Plutôt la Isleta presqu’île à l’extrémité N-E.
Le
port s’étend sur le côté Est.
Il est bien protégé et nous
connaissons ses abords.
Nous repérons la digue de San Castillo
longue de 2km parallèle à une autre digue.
Elle divise le port
en 2 parties. Le port intérieur est à l’Ouest.
Il est 17h
et nous arrivons.
Nous allons directement au ponton des visiteurs
et retrouvons les bons vieux amis abandonnés l’an passé ou croisés au
Maroc.
C’est le retour.
Nous sommes assez
fatigués.
C’est dimanche. Alors pour la capitainerie, ça attendra
demain !
La fête commence dès les amarres lancées…
Salut
tout le monde, bonjour les Canaries !
SOPHIE sur ENOMIS -
Extraits du livre de bord -
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